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 Numéro 42, Décembre 2001 
Réussir ou ne pas réussir l'intégration des nouvelles technologies Version Imprimable  Version imprimable


Lisa Deguire, Professeure  (Cégep de Jonquière)

Depuis que nos établissements d’enseignement investissent largement dans l’achat de matériel informatique, nous devrions voir davantage d’étudiants et d’enseignants rassemblés autour des ordinateurs, examinant la richesse des informations qui s’y trouvent, se posant des questions, émettant des hypothèses, analysant de manière critique, résolvant des problèmes. Or nous en voyons très peu. Pourquoi un grand nombre d’enseignants demeurent-ils sceptiques et même récalcitrants face à l’intégration des nouvelles technologies dans leurs cours alors que le matériel est accessible et que les outils sont de plus en plus conviviaux ?

Notre intervention vise à répondre à cette question en nous inspirant d’étudesaméricaines1 réalisées au cours des dernières années. D’une part, il faut reconnaître qu’il y a au moins deux façons d’appréhender les nouvelles technologies :

1) en expérimentant et en innovant, même sans préparation particulière;

2) en étant d’abord convaincu de la pertinence des résultats avant de tenter toute expérience.

D’autre part, il faut comprendre que ces deux catégories de personnes – les « pionniers » et les « récalcitrants » – ont des besoins et des intérêts qui divergent souvent en matière d’intégration des nouvelles technologies.

Attardons-nous un peu aux caractéristiques du deuxième groupe.

  • Les « récalcitrants » veulent des preuves tangibles de résultats et de performances afin de s’assurer que leur investissement sera rentable.

  • Ils s’attendent à utiliser un produit de qualité sur les plans de la convivialité, de la pertinence, de l’adéquation pédagogique ainsi que du support à l’usager.

  • Ils veulent savoir comment ces outils amélioreront l’apprentissage et le raisonnement de leurs étudiants.

En conséquence, devant des enseignants démontrant méfiance et inquiétude, nous avons intérêt à utiliser des produits qui ont fait leurs preuves et qui présentent peu de risques. Nous devons leur éviter les surprises… surtout en plein milieu d’un cours! Il n’y a aucun doute que l’utilisation de modèles pédagogiques pertinents, la formation sur l’utilisation des logiciels, l’encadrement par les pairs, le travail en équipe ont leur place. Mais la dimension la plus importante demeure le soutien technique des ressources humaines qui doivent assurer la fiabilité du réseau informatique, le fonction-nement adéquat des logiciels et des environnements informatiques, et le dépannage en cas de problème.

L’histoire récente de l’implantation des outils informatiques, notamment au collégial, nous le démontre : dans maints établissements, plus souvent la « charrue- réseau » a été placée devant le « bœuf-apprentissage »; les achats et la mise à jour du matériel ou des logiciels sont placés, dans l’ordre de priorité, bien au delà du développement des programmes et du perfectionnement des ressources humaines.

Si l’on veut vraiment changer ce paradigme et encourager une culture de l’apprentissage continu, nous devons bénéficier d’un support technique de qualité au moment opportun. Les bonnes intentions ne suffisent plus!

Le défi de l’intégration des nouvelles technologies s’inscrit dans un changement d’attitude et d’esprit de la part de tous les personnels des établissements d’enseignement. En tant que pédagogues, nous savons que l’on apprend en faisant, en explorant, en essayant, en échouant, en changeant, en adaptant nos stratégies et en surmontant les obstacles après plusieurs essais. Un bon pédagogue doit être en mesure de reconnaître, le « moment de rupture », où la frustration devant l’obstacle devient déterminante et peut, à elle seule, annihiler tout intérêt pour l’apprentissage. Dans la même perspective, les coordonnateurs du soutien technique doivent être à l’écoute et apporter l’aide requise au moment nécessaire. Pour développer une culture d’apprentissage, il faut se doter d’une structure de soutien souple. L’aide « juste à temps » permet un apprentissage « juste en temps »… et une intégration réussie.



1. J.S.CLARK, Close-Up 12 Staff Development

Technology in Education 2001


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